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Action "défaite" de la musique

lundi 22 juin 2009, par Le Collectif Sistoeurs

C’était mon premier article publié dans la rubrique "anor’mâle" : Lyon L’allumée. Six ans plus tard, je fais le constat d’une ville dramatiquement éteinte, dont les feux et les chants se sont estompés dans la nuit de la pensée unique.


- Voici un récapitulatif de l’appel lancé le 18 juin par le C-Mal :

A l’heure où Lyon revendique son statut de métropole culturelle européenne, les acteurs des musiques actuelles lyonnais vivent des heures noires et disparaissent les uns après les autres. La précarité grandissante de structures déjà fragiles menace à court terme l’existence même de ceux qui entretiennent la vitalité du secteur et animent la cité : lieux dédiés, cafés concerts, festivals, tourneurs, labels, producteurs de concerts, accompagnateurs de projets artistiques….

L’exception lyonnaise

La comparaison avec les structures évoluant dans d’autres régions et d’autres villes nous permet de pointer du doigt l’exception Lyonnaise en ce qui concerne les Musiques Actuelles. Notre cité n’est malheureusement pas un exemple en la matière. Et alors que l’ensemble des grandes villes françaises s’attache à faire vivre ce type d’initiatives, la ville de Lyon continue d’afficher un inexplicable retard. Nous souhaitons avant tout informer le public de notre situation critique en reposant quelques principes. Cette journée professionnelle réunissant les SMACS de Rhône-Alpes et le SMA a été consacrée à des enjeux régionaux et nationaux qui nous concernent tous, mais nous souhaitons aussi attirer l’attention sur l’état des structures de l’agglomération lyonnaise, qui devient plus que préoccupant.

Un manque de reconnaissance

Si certains parlent du manque de reconnaissance des Musiques Actuelles, nous pensons qu’un certain nombre d’événements démontrent au contraire l’intérêt manifesté par le public ainsi que la grande vitalité de la scène locale. Nous sommes heureux de bénéficier d’événementiels réussis (La fête de la Musique, certains festivals dont Nuits Sonores, qui rayonne à un niveau européen), mais ces succès peinent à cacher la forêt de galères et à n’entraine pas tout le monde dans son sillage. De nombreuses structures faisant la diversité musicale de la Ville au quotidien sont actuellement en grand danger. Des structures qui contribuent pourtant elles aussi à dynamiser la ville, à enrichir ses offres culturelles, à la rendre conviviale, attractive et vectrice de rencontres interculturelles et intergénérationnelles. Des structures composées d’équipes qualifiées, extrêmement investies dans la mise en oeuvre et la défense de leurs projets, mais qui souffrent du manque de médiatisation des métiers qui font vivre le spectacle vivant musical.

Il y a un décalage réel entre les ambitions affichées et les moyens mis en œuvre par la Ville, dont l’image est toujours inextricablement liée à la gastronomie et au football, alors qu’une ville comme Clermont-Ferrand est considéré nationalement pour sa scène musicale florissante !

Des structures qui se meurent

Ces derniers mois, des structures phares de la scène locales ont dû ou sont en passe de cesser leurs activités :

BaxTour, tourneur de groupes phares de la scène locale vers le national et l’international.

Dandelyon, porteur depuis 2003 d’un dispositif de diffusion, de promotion et d’accompagnement professionnalisant de la scène pop émergente.

Le Bistroy, porté par son association l’ADAMARA, café concert mythique qui a accueilli plus de 1000 groupes en dix ans d’existence sur les pentes de la croix-rousse.

Kao Konnection, association programmatrice du Kao et du Kafé, salles de 600 et 300 places, permettant la diffusion de nombreux groupes en développement et de têtes d’affiche. Rouage essentiel du réseau lyonnais des musiques actuelles, la cessation de son activité laisse orpheline le Kao de tout projet culturel.

Casatone se voit dans l’obligation de se retirer de la programmation du Double Six, lieu de 250 places où les groupes locaux pouvaient faire leurs véritables premières scènes.

Si rien ne change, cette liste ne peut que s’allonger dans les mois à venir. Il existe une forte complémentarité de l’action des structures présentes sur l’agglomération lyonnaise. Ainsi, lorsque l’une d’entre elles disparaît, c’est l’écosystème musical tout entier qui est mis à mal.

Un secteur en difficulté

Durant ces deux dernières années, les conditions de travail se sont durcies, les problèmes de trésorerie, de hausse des coûts de productions et de raréfaction des financements se sont généralisés. On constate une précarité généralisée des structures causée par une l’absence de fonds de roulements et la précarité des emplois (intermittents, emplois aidés…).

Le secteur des musiques est en pleine mutation et les pratiques de consommation du public sont en plein changement. Comme dans tout bouleversement sectoriel, les réponses professionnelles mettent du temps à se mettre en place.

Un manque cruel d’infrastructures adaptées en matière de diffusion et de répétition se fait sentir. Raréfaction de lieux de différentes capacités d’accueil et absence d’espaces dédiés pour des esthétiques comme le jazz, ou encore pour l’accueil de festivals, que les immenses coûts de production semblent condamner au déficit.

Le durcissement de la législation sur les nuisances sonores est déjà directement responsable de la fermeture de lieux de diffusion, déjà en trop petit nombre dans la ville. Cela concerne des cafés concerts comme le Bistroy, mais aussi la salle Rameau (salle assise de 800 places) qui souffre de problèmes de voisinage.

Appel à la concertation

Nous ne pourrons bientôt plus lutter pour l’intérêt général, et si rien n’est fait dans les 6 mois, le climat sera trop mauvais, contraignant les structures à cesser leurs activités unes à unes.

Une telle prise de parole démontre notre volonté de rester dans le dialogue, et nous souhaitons toujours travailler avec les services de la Ville, mais aussi des autres collectivités territoriale (Grand Lyon, Conseil général du Rhône, région Rhône-Alpes) pour la mise en place d’une véritable politique culturelle a destination des MA. Mais au vu de la situation dramatique, la patience n’est plus de mise. Nous tirons la sonnette d’alarme et demandons des réponses rapides et de vraies réactions de la part des pouvoirs publics. Nous organisons dès à présent la tenue d’une concertation nationale le 3 octobre à Lyon autour de ces problématiques, où nous invitons les fédérations nationales (SMA, Fédurock, FSJ, Fnejma), régionales (La Nacre, FEPPRA, CD1D), et les acteurs historiques.

- Les 32 adhérents du C-MAL :

• AGAPES
• AIMEZ VOUS BRAHMS
• ARTY FARTY
• A THOU BOUT D’CHANT
• AZAI-D PRODUCTIONS
• BIZARRE
• CARAVELLE
• CASA MUSICALE
• CD1D
• CONSERVATOIRE DE LYON
• DANDELYON
• EPICERIE MODERNE
• FOXTROT PRODUCTION
• GONE ZONES
• GOURMETS RECORDINGZ
• HONEYPIE RECORDS
• JARRING EFFECTS
• KAO KONNECTION
• LA CHAUDIERE PRODUCTION
• LA FABRIQUE DU CLIP
• LE CLACSON
• LE CREF
• LES ENTETES PRODUCTION
• MARCHE GARE
• MEDIATONE
• MOTION MUSIC MANAGEMENT
• PRAM
• RADIO PLURIEL
• SUPADOPE
• UNDER A BIG BLACK SUN
• WOODSTOWER
• ZYVA

Contacts :
Asso.cmal@gmail.com
www.c-mal.fr

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