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Pessimisme éclairé ?

dimanche 12 avril 2009

La crise, c’est la crise !

Ahhh la Crise ! Elle affaiblit les hommes et les sociétés qu’ils ont organisées, accentue leurs failles et déchiquette leurs forces, remet en question ou efface radicalement l’utopie vitale du tendre vers le mieux, le juste, le beau… mais surtout, vers… le haut ! Elle dure, elle dure la roublarde ! Elle s’installe dans les esprits comme une crise de foie prend possession d’un corps.

Nous acteurs de la musique indépendante, et plus généralement acteurs d’une culture vivante, faite de crises de fous rires et de crises de larmes, créations d’artistes qui piquent leur crise entre coups de gueule et coups de cœur… subissons la double crise. Le pouvoir d’achat (fréquentation des salles et vente de la musique enregistrée en chute libre) et la dévalorisation de la musique en tant qu’œuvre mais également les artistes et toutes les personnes qui autour d’eux, permettent que leur art puisse vous atteindre.

Et si nous exploitions leur crise pour offrir des solutions à notre crise existentielle ? Comme les trains, les crises cachent d’autres crises. Ne soyons pas vache, l’immobilité ou la dépression ne sont pas les seules alternatives. Une crise ça se conjure !

Certes, nous arrivons après le paiement du loyer (pour ceux qui ont encore la chance d’avoir un toit) et le remplissage du frigo. Certes, la nourriture que nous proposons est moins indispensable que celle dont l’absence pousse à la crise d’hypoglycémie ! Certes, notre disparition serait moins dramatique que l’aliénation des Droits de l’Homme. Il paraît même que le pays dans lequel nous vivons en a fait, dans des temps très anciens, la déclaration… c’est dingue non ?! Que dire des entailles journalières infligées à la Liberté de l’individu !... Certes la boulimie destructrice du capitalisme parfois dénué de déontologie qui fait rage depuis de trop nombreuses années n’en a pas encore fini avec la dissolution des équilibres précairement conservés jusque là et ce malgré la crise morale dont il se sent la pauvre victime. Elle avale gloutonnement les emplois et terrorise les foyers.… Mais l’ogre est coriace, il va plus loin, il désorganise, divise, fragilise. Il éduque à la consommation désordonnée du consommable, si possible jetable. C’est d’ailleurs la seule éducation qui l’intéresse. L’autre, il l’écrase de ses bottes de sept lieues.

Notre activité et nos métiers s’appuient sur la valorisation d’une diversité culturelle indispensable à l’équilibre d’une société épanouie.

Nous participons à une émulation économique garante du respect du public (la demande) et de la pérennisation du métier d’artiste-interprète et de son œuvre (l’offre). Loin d’être des bouffons qui se couchent et se lèvent tard, nous analysons, réfléchissons, organisons et proposons des idées, des solutions pour que nos métiers d’artisans subsistent. Nous ne sommes pas hors du modèle économique. Nous souhaitons un autre modèle économique et participons à son invention. L’ogre veut nous forcer à « mal bouffer » (pas très motivant vu ce qu’il se met sous la dent !), le commerce équitable de l’alimentaire travaille à une quête d’équilibre solidaire. La culture n’est autre qu’une nourriture de l’esprit. Nous en avons tous fondamentalement besoin….

Nous sommes nombreux et ne sommes donc pas seuls à refuser la passivité. Avec vous public acteur et volontaire, nous pouvons ne pas succomber à cette double crise. Ensemble, avec votre aide, nous devons faire en sorte que les artistes puissent continuer à nous proposer des mets variés et savoureux sortis tout chaud de leurs cerveaux talentueux.

Scoop de dernière minute, le petit poucet est sauvé ! Dans les salles de concerts, on trouve des vrais gens en 3D, sans prompteur, sans scenarii et même il est autorisé, voir conseillé de s’y rendre avec des ami(e)s, et des ami(e)s des ami(e)s… Même à plus de trois personnes c’est permis ! Et les artistes que vous y verrez sur scène ne sont pas en papier mâché préfabriqués par des business men and women au final pas si malins quand on voit l’appauvrissement de l’offre qu’ils proposent ! Ces artistes que vous verrez en live, écrivent, composent et enregistrent des albums, ils donnent leurs tripes (l’Ogre n’aiment pas les tripes !) et leur temps pour que nos âmes reçoivent des émotions. Nous avons tous besoin d’eux, et ils ont besoin de nous, producteurs, labels, organisateurs de concerts et de vous public.

[MCP)

Source : La chaudière production

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