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Les Maquignons rient jaune

dimanche 12 décembre 2004, par Franca Maï


Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France, est l’homme qui clame haut et fort, qu’il n’aurait jamais signé des artistes tels que Jacques Brel ou Jim Morrisson.

Je le rassure ici, les êtres d’exception de cette pointure, ne mettent jamais leur destin entre des mains si peu fertiles. Alors que ce monsieur arrête de se la péter avec un pseudo pouvoir qu’il n’aura jamais. Il peut toujours mitonner devant son parterre d’actionnaires, les artistes qui ont des tripes possèdent également un flair infaillible. Ils choisissent leurs complicités.

Pascal Nègre, est l’homme qui produit notamment de la variété française dont je vous livre au hasard quelques perles, ici :

J’aime pas la sonnerie du réveil
J’aime pas quand les jours sont pareils
J’aime les silences entre nous
J’aime pas les moustiques en été....

Maintenant, pour le plaisir des rétines et la profondeur du texte, un petit hommage à Brel :

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes

et quelques crachats bienvenus de Léo Ferré

...Et même avec la fin du monde
La fin du monde abstraite où tout n’est que chiffré
Avec ces cœurs d’acier leurs battements trichés
Avec ces poumons d’or dans les cages-ascenseurs
Où l’on se tient debout où l’on se tient ailleurs
Tu vas descendre là pour t’entendre rêver
Même le rêve gueule à n’y pouvoir plus rien
Le silence est rempli du silence trop plein
Quand ça déborde on croit venue la fin des temps
De ces temps mesurés sur des machines obscènes
Où les minutes ont des cons qui se promènent
En se prenant pour l’Éternité
Et même avec la fin du monde
Je me démerderai pour que t’y voies que dalle
Que dalle c’est pas mal ça ne fait que passer
Ce rien qui prend ses aises aux week-ends de la mort
Quand les ballots y accélèrent leurs victimes
Enchâssée enchristée encollée à mon froc
Tu partiras là-bas vers des boutiques fantastiques
Vers le supermarché où l’on vend la paresse
Où l’on vend de la mort aussi quand on s’y laisse
Où l’on vend la fumée et le vent en paquet
Et l’on paie en sortant avec des sortilèges

Pascal Nègre est l’homme qui tente également de vous faire croire que les utilisateurs du P2P (téléchargement libre) sont des pirates et des dangereux délinquants.

Il est un fervent actif de la répression et oeuvre efficacement -par le biais de différents organismes qu’il préside- à « punir » et à pourrir la vie de ces défricheurs désintéressés.

A ce jour, plusieurs Fournisseurs d’Accès Internet français ont d’ores et déjà choisi de déconnecter leurs abonnés après avoir reçu des Ordonnances non contradictoires (la défense n’ayant pas été entendue) rendues par des juges.

Les FAI n’ayant pas souhaité faire appel de ces décisions, ce sont au total une dizaine d’abonnés qui ont été victimes de ce passage en force de l’industrie culturelle. (source http://www.audionautes.net/site/index.php)

Or, pour l’instant ces décisions aléatoires, bénéficient d’un vide juridique en la matière.

Je souligne ici, qu’aucune tentative de commercialisation illégale n’émane des internautes baptisés exagérément « pirates », simplement un goût du partage et une volonté farouche de développer une communauté virtuelle, à l’esprit critique prononcé.

Entendez-bien.
Les mélomanes saturent de la daube ! ... Ils veulent du vrai, de l’authentique. Ressentir des émotions. Ils ne veulent plus s’étrangler avec des produits indigestes. Ils déploient leurs ailes magnifiques pour voler vers des contrées enchanteresses.

Imaginez un instant, que nos parents avec leurs K7 dupliquées aient été des renégats indomptables. Cette aberration percute-t-elle les neurones ?

Pascal Nègre pirate notre Internet, allons-nous lui laisser le monopole de la culture musicale et nous mettre la laisse en tendant bien poliment le cou ?

Comme nous sommes potentiellement des consommateurs et que par conséquent nous avons un pouvoir, exerçons-le un instant. Pour la beauté du geste et le rire jaune des maquignons.

A Noël, lors des futurs achats, ignorons les gondoles aux piles convenues et aseptisées. Arrêtons l’achat convulsif et domestiqué. Précipitons-nous vers les petits labels.

La résistance, c’est aussi la solidarité avec ceux qui prennent des risques et pensent autrement.

C’est exercer un vrai choix.

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