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Qui sait ?

dimanche 30 octobre 2005, par Franca Maï

Qu’est-ce que l’on a à perdre... franchement, lorsque l’on n’a plus rien à perdre ?...

Lorsque la vie est une sempiternelle course à la survie se résumant à ne transpirer que pour tenter de s’alimenter décemment, entre deux jobs fragiles dont on se gausse, car très éloignés de nos aspirations profondes.

Des lieux de travail et d’ennui, où tu sais au fond de toi-même que tout un chacun y est interchangeable, exposé brutalement à la comparaison du « moins cher ailleurs ou du plus rentable autre part ».

L’exploitation galopante -en toute quiétude- d’autres contrées, d’autres humains, qui pourraient être tes frères ou tes potentiels amis à force de te ressembler.

Et cette bonne conscience poisseuse de ceux qui tiennent les rênes de ce destin orchestré à usage mercantile, volant jusqu’à ton bol de riz mille fois mérité, avec ce petit air plein de morgue des « bien-nés », si seyant aux faciès repus et liftés.

Ils connaissent parfaitement la route que tu ne manqueras pas d’emprunter grâce à leurs pièges savamment ancrés. Etranglé et pris à la gorge tel un rat auquel tu as écumé les traits et la gestuelle à force de frôler les murs. Et ils osent t’insulter en te traitant de fumiste, de parasite, de cancrelat et ils s’amusent avec ta vie comme on joue à la roulette russe.

Pour se détendre un peu.

Et il faudrait faire semblant d’être debout et se contenter de jouer bien poliment la partition du système gangrené baignant dans des siècles d’expérience et d’impudence.

Qu’est-ce que l’on a à perdre... franchement, lorsque l’on n’a plus rien à perdre ?...

La vie ?

Mais peut-on appeler cela une vie ?

Alors la rage gagne quotidiennement du terrain, puis la tristesse squatte tes veines. Au fil d’un rasoir et d’un soleil ensanglanté.

Mais...

Des feux commencent à brûler aux abords des villes.

Demain, les flammes indomptées atteindront le cœur même des ogresses « bobotisées ». Déjà, des pillages s’organisent spontanément Pour taire la faim.

Les rues se frottent à la colère et aux rugissements.

Les temps s’enchaînent à la folie.

La pisseuse à l’âme giboyeuse.

Qu’est-ce que l’on a à perdre... franchement, sinon de tenter à l’édifice d’une autre vie.

Parce qu’après tout, un destin supposé ça se change. Personne ne naît avec une malédiction épinglée à sa chair. Le destin peut ressembler à ce que tu as dans la tête, certainement pas à ce qu’ils ont dans la leur.

La révolution est déjà là. Elle s’appelle Désespoir. Et tu sais désormais que seule, l’imagination est notre Arme. Car vu le Monde qu’ils nous ont pondu et sa laideur associée leurs carences sont prévisibles.

Alors maintenant tu sais intuitivement ce qu’il te reste à faire pour ne plus hoqueter dans la boue enuclée par leurs mirages.

Qui que tu sois

Où que tu sois

Bats-toi

L’improbable est notre allié. Nous sommes nombreux. Nous sommes l’éclaircie de demain.

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5 Messages de forum

  • > Qui sait ?

    31 octobre 2005 22:52, par scandiou

    Merci FRANCA pour votre site, vos textes, on a l’air moins seul parmi tout les "résignés" : humanistes de la 25 ème heure.

    scandiou

    Voir en ligne : scandiou

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  • > Qui sait ?

    5 novembre 2005 11:17, par Delcuse
    Se battre... Ne plus rien espérer pour ne plus désespérer. C’est le contenu de la révolte. En finir avec demain pour remplir maintenant. Il y faut de la colère. La colère est l’énergie qui transforme l’espoir en plaisir, parce que la vie n’est pas un projet ni un programme, mais l’émergence de la jouissance.

    Voir en ligne : Qui sait ?

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  • > Qui sait ?

    7 novembre 2005 16:28, par Sinha
    Nous sommes pieds et poings liés face à la destiné de l’humanité. Lutter, se battre, mais contre quoi ? la fin immuable d’une civilisation, ou plutot pour la recherche et l’émergence d’une forme de pensées autre que celle inculquée par la société de consommation, vite fait bien fait et zap on passes à autre chose c’est recyclable de toute façon... Il va falloir prendre patience, la science de l’esprit de l’homme est lente pour se mettre au diapason, mais notre conscience collective s’éveille déjà ! Merci sistoeurs de propager le souffle de nos coeurs avec lucidité et humour !Yé

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  • > Qui sait ?

    10 février 2006 09:22, par Kathleen
    Voila "m’dame" le fameux texte que j’ai beaucoup aimé. Le genre de truc qui fait réflechir un peu... En tout cas moi ce texte m’a bien inspiré.

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  • > Qui sait ?

    10 février 2006 10:23
    quitter ce monde qui se moque de nous et fuire ces gens qui se foutent de tout.

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