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Patko en interview

samedi 18 mai 2013, par Séverine Capeille

“Just Take It Easy” est le premier opus de Patko. Il a été enregistré entre la France et la Jamaïque, avec la participation de musiciens renommés comme le batteur Fitzroy ’Dave’ Green (Alborosie, Luciano,...). A l’image de son auteur, compositeur et interprète, il mélange les cultures et influences et invite à prendre du recul sur les événements pour aller de l’avant, en saisissant ce qu’il y a de meilleur. Apologie de la paix, de la tolérance et du respect, ses textes épousent des instrus qui nous rappellent, à chaque écoute, que nous sommes vivants. Atypique, innovant, puissamment entraînant, le New Roots de Patko allie les racines du reggae à la force de frappe du hip-hop. Flow et verve acérés se posent avec précision sur des instrus étonnantes, détonantes.

De parents Surinamais, Patrick Josafath, dit Patko, est né en Guyane Française en 1979. Bercé par les sons reggae, il a débuté la musique adolescent, comme bassiste du groupe « Enfants de Jah ». Lorsqu’il arrive dans l’hexagone, en 2001, Patko s’installe à Paris. Adepte des sound-systems, il fait ses premières armes comme chanteur toaster et développe rapidement des affinités avec des artistes tels que Lyricson ou encore Mighty Killa, avec lesquels il collabore. Patko trouvera finalement son « petit coin de zion » à Grenoble, où il s’installe en 2005 et se fait très rapidement remarquer sur la scène locale. Patko rejoint alors « L’Année du Singe », groupe grenoblois aux influences ragga-hiphop avec lequel il assure les premières parties de nombreux artistes (Alpha Blondy, The Abyssinians, Black Uhuru, Zenzilé...). Une maturité artistique avérée et une insatiable créativité l’amènent à développer son propre répertoire, qui rencontre un succès immédiat. Il est programmé aux côtés de Sizzla, Omar Perry, Lyricson, Colocks, Daddy Mory, Steel Pulse, Alborosie, Gentleman, Raggasonic ou encore Patrice. Maxxo, artiste reggae de cette nouvelle génération qui monte, le remarque et lui propose d’enregistrer avec lui « Me Rise » de l’album « For the next generation » mais également de l’accompagner lors de sa tournée (une trentaine de dates dans les quatre coins de la France en 2011).
  S’il est de plus en plus sollicité pour mettre le feu en sound-systems, ses talents de compositeur reggae sont également de plus en plus demandés. Il offre plusieurs riddims à des artistes dont la réputation n’est plus à faire. Le « Boss no gun » de Patko a été emprunté par Lyricson dans « Revolution Start » en featuring avec Zamunda ainsi que par Maxxo pour « For the next Generation », titre phare de l’album éponyme ; ou encore par Mighty Ki La. Takana zion, Colonel Reyel, Straika D ont également utilisé son instru « Flame of life » sur la compilation éponyme, sortie en 2010 chez Angry Stuff. Patko est également contacté par Wagram à l’occasion de la compilation « Soirée Zouk Wagram » pour laquelle il enregistre « On the radio ».

Patko présente aujourd’hui au public “Just Take It Easy”, son premier album en nom propre. Il répond à nos questions pour cette occasion.

Séverine Capeille : L’organisation des titres de l’album a immédiatement attiré mon attention. Il y a une intro et une conclusion, comme si le développement des idées devait être étudié. La 2è et la 11è chanson s’appellent « Mama », comme s’il s’agissait d’une structure en miroir. Et la chanson centrale s’appelle « Dom-Tom ». Pourrais-tu expliquer ces choix ?

Patko : Alors, effectivement après une telle analyse on peut avoir l’impression que tout a été calculé mais ce n’est pas vraiment le cas. J’ai choisi cet ordre après de nombreuses écoutes, je trouvais que ça s’enchaînait plutôt bien et qu’il y avait une cohérence. A voir votre analyse je me dis que le feeling a vraiment bien fait les choses. D’ailleurs chez nous on dit que le hasard n‘existe pas !

Séverine Capeille : La chanson « Just take it easy », encourage forcément les « pull up ». Elle donne d’ailleurs son titre à l’album. Au-delà du rythme entraînant, pourquoi le texte de cette chanson te semble particulièrement important ?

Patko : Pour moi l’unité est une des choses qui nous manque le plus. Étant dans le monde du reggae, je ne retrouve pas assez de solidarité entre personnes de même mouvance, du coup l’idée c’ était d’avoir un titre sur l’album où tout le monde se retrouve sous le même drapeau que tu sois noir, blanc, maghrébin, chinois... que l’on prenne du recul sur les difficultés de la vie.

Séverine Capeille : L’album, enregistré entre la France et la Jamaïque, mélange les cultures et influences. Les langues (textes en anglais ; patois jamaïcain, créole et français) et les rythmes (des sonorités reggae, ragga, hip-hop mais aussi latines et tropicales) se mêlent harmonieusement. La musique est-elle une arme efficace contre le racisme et l’intolérance qui progressent en ce moment ?

Patko : Oui, je pense qu’effectivement la musique est le meilleur moyen de faire passer des messages, et plus particulièrement le reggae qui réuni énormément de personnes d’horizons et de cultures différentes.
Par exemple le slogan « one love » de Bob Marley est international et c’est bien la musique qui l’a véhiculé dans nos oreilles, donc dans chaque texte que l’on écrit il faut rester conscient et se dire qu’un grand nombre de personnes vont l’écouter et peuvent s’identifier ou être influencées. A l’extrême on voit parfois des gens qui vont jusqu’à idolâtrer un auteur et interpréter ses mots comme celui d’un prophète. Pour moi, la musique ne peut qu’apporter du positif aux jugements et aux craintes que peuvent avoir certaines personnes. Il arrive d’ailleurs que des personnes racistes aiment le blues, ou autres musiques noires et pourtant ….

Séverine Capeille : Peux-tu nous présenter le backingBand avec lequel tu te produits sur scène, ainsi que tes choristes ?

Patko : J’ai eu la chance de rencontrer pas mal de musiciens par le passé en tant que beatmaker et choriste ce qui m’a permis de constituer une équipe avec des proches qui ont du talent et une grande expérience du live. Il y a Manuel Garcia à la batterie, Jo Cocco à la basse, Ivan Boucheras au clavier, Julien Borré à la guitare et Benjamin Chambaz au son. Ensuite suivant les scènes il y peut y avoir deux choristes et un éclairagiste.

Séverine Capeille : Qu’est-ce que le Patko Sound Project ?

Patko : Patko Sound Project est le projet sound system avec Djuka en backeur et en chant lead et Dj Little Tune au mix. C’est un projet récent qui a eu quelques dates importantes à Grenoble et dans sa région comme « Rocktambule » et « Les Rencontres Brel ».

TRACKLIST

01 – Intro
02 - Mama
03 – Ghetto Youth
04 – Just Take It Easy
05 – Jealousy
06 – Dom Tom
07 – No Gun
08 – Music is my Life
09 – Neg
10 – Hold On
11 – Mama (Acoustic Version)
12 – Outro

Site officiel de Patko : http://www.patko-music.com/

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