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Ingeborg Bachmann : La femme de feu

dimanche 7 novembre 2004, par Franca Maï

C’est au cours d’une flânerie entre les rayons touffus d’une librairie qu’un jour, vos doigts fiévreux s’arrêtent sur un petit livre : « Berlin, un lieu de hasards » et que les mots d’une poétesse majeure, s’imprègnent à jamais dans votre occiput, sans penser à fuguer.

Vous découvrez après lecture, la femme. Vous apprenez qu’elle est morte, brûlée vive, dans sa chambre d’hôtel à Rome le 17 juillet 1973. Du même feu qui la consumait intérieurement, lui faisant cracher ses entrailles, avec une pudeur facétieuse et déroutante.

Autrichienne, née en 1926, fille de Mathias Bachmann -appartenant au noyau dur des nazis de Carinthie- elle n’aura de cesse de défricher des chemins « pour libérer les Hommes des mots salis par les tortionnaires ».

Elle commence sa carrière en gravitant autour du Groupe 47.

Elle n’arrêtera jamais de dénoncer, au travers ses oeuvres, l’empreinte et l’influence néfastes de la société capitaliste, impérialiste et patriarcale.

Amante malheureuse de Paul Celan et de Max Frisch, elle a traduit poétiquement et philosophiquement, le mirage de vivre en couple.

Réputée mystérieuse, également par ses contemporains, il émanait de sa personne, un souffle incompréhensible, étrange où l’acuité et l’émotivité du regard qu’elle portait sur le monde, étaient accoucheuses de questionnement inachevé.

Il faut lire Ingeborg Bachmann. Pour ne plus se sentir orphelins en ces temps d’intolérance, à répétition programmée.

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