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Ecritures de rue avec mes élèves de Bac

vendredi 27 mars 2009, par Séverine Capeille

Les uns sont en bac professionnel de commerce, les autres en bac professionnel de production graphique ou imprimée. Moi, je suis la prof de français qu’ils doivent supporter pendant deux années. Ensemble, nous partageons les grincements de craies sur les tableaux noirs, les stylos défaillants sur les tableaux blancs, les sonneries qui rythment les journées. Nous avons un programme, des séquences scindées en séances, des « problématiques » et des objectifs à atteindre en un temps limité. Mais pour aborder la poésie contemporaine, je leur ai dit : Et si on commençait par prendre des couleurs et dépasser les contours ? La pratique n’est-elle pas, parfois, préférable aux longs discours ?

Je l’avais déjà remarqué quelques années plus tôt : une séance avec un slameur suffit aux élèves pour retenir les « Assonances » et « Allitérations » que je répète habituellement en cours pendant des semaines. C’est Mix Ô Ma Prose qui, à l’occasion de ce nouveau « Club Culture », vient pendant deux jours expliquer et montrer ce qu’est le Slam. Il s’agit de découvrir la poésie contemporaine par le biais d’une écriture vivante et populaire, de travailler autour de la musicalité des mots et de la langue mais aussi de jouer autour du rythme et de l’écoute de l’autre.

J’emmène ensuite mes classes au Centre de Ressources afin que chacun puisse chercher et sélectionner des citations (extraits de poèmes, paroles de chansons, proverbes...). On réfléchit à la place de la poésie et au rôle de l’écriture dans la société contemporaine, on interroge le rapport entre l’écriture poétique et les « crises de société »… Puis je leur propose de « mettre en images » ce qu’ils ont trouvé. Faire sortir la poésie de la salle de classe permet d’aller à la rencontre des élèves lecteurs et non lecteurs, et de développer leur créativité. Les professeurs de dessin participent généreusement au projet. Avec Marie-Florence, les uns font des dessins, des collages… essayant diverses techniques. Les autres font des croquis pour de futurs graffitis avec Frédéric. Pendant ce temps, Hélène passe les commandes pour les bombes, et Philippe s’occupe des supports en demandant à ses élèves de dessiner des briques. Pour la réalisation finale, c’est Geoffrey (élève en CAP SED au lycée) qui devient le véritable « prof » des groupes. Il donne de judicieux conseils et apporte sa touche personnelle à chaque graffiti.

(Geoffrey en pleine action)

* Et voici le résultat :

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » (Isaac Newton)

=> Lola, Caroline, Estelle

« On ne va jamais si loin que lorsque l’on ne sait pas où l’on va. » (Christophe Colomb)

=> Loïc

« Rêve ta vie en couleurs c’est le secret du bonheur » (Walt Disney)

=> Céline, Jérémy

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » (Guillaume Apollinaire)

=> Romain

« Pourquoi dit-on que les murs ont des oreilles alors que c’est aux portes qu’on écoute ? » (La Robertie)

=> Julie, Florence

« C’est notre grande maladie de parler pour ne rien voir » (René Daumal)

=> Julien

« Les maux par les mots, c’est ainsi qu’on guérit. » (MC Solaar)

=> Hocine

"La société est un mur. L’idéaliste, c’est celui qui cherche à y percer des fenêtres » (Anonyme)

=> Snezana, Angélique

« Il y a des gens qui trouvent toujours quelque chose à ne rien dire » (Queneau)

=> Mathieu

"Pour faire passer une idée, une bombe de peinture est plus efficace qu’une bombe au napalm" (Hauser Régis)

=> Vanessa, Julie

=> Arnaud

« Si quelqu’un te parle avec des flammes réponds-lui avec de l’eau » (Souleymane Diamanka)

=> Anne-Caroline

"La liberté est dans le geste : écrire. Emprisonnés même, on peut encore écrire sur les murs, faire signe de liberté" (Claude Jasmin)

=> Fanny

Et merci à Geoffrey pour avoir tagué mon prénom !

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