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Le bonheur est dans la tongue

vendredi 18 janvier 2008, par Christelle Fulpin

Quand y’en a marre y’a malabar...
Ben là, j’ en avais vraiment marre, et j’ voyais aucun mâle à la barre.
C’est souvent ça le problème. Comme disait ma mère : plus tu cherches et moins tu trouves.

Pour le coup, ce soir là, je cherchais même pas. J’étais juste en train de me dandiner mollement sur du reggae. Le pied à l’air, super libre, je venais de faire valdinguer ma tongue... ma savate... ma godasse... ma tatane quoi !

C’est marrant cette chaussure d’été, d’un si minimaliste concept. Cependant si légère et insignifiante soit la tongue, moi perso dans un sound system, y’arrive toujours un moment où j’ai besoin de sentir le sol sous mes pieds, de m’enraciner...

Bref, j’étais là, tranquille, le pied à l’air, la tête légèrement enfumée, du bon son dans les oreiles et chaque atome de mon corps bouillonnant aux vibrations des platines. Quand soudain j’entends au loin : "mais elles sont à qui ces tongues ? ". Rencontre avec le type rastaman : grand, et tellement noir que je ne vois que ses dents, je n’entends que son accent magnifique.

- A moi.

- A toi ? et tu danses là, comme ça, sans tes tongues ?

- Ben ouais pourquoi ça te gêne ?

(Bien souvent, à l’approche du mâle en sound system, je ne suis pas franchement super sympa, plutôt du genre tigresse que poulette, mais après des années de "dinde attitude", on comprendra mon choix !)

- Pas du tout, mais je voulais justement aller sur l’herbe ( !) pour virer mes baskets. J’ai chaud aux pieds et là je butte sur quoi ? Des claquettes, seules sur la piste... C’est marrant nan ?

- Super drôle ouais.

- Je t’offre une lorraine (bière locale martiniquaise, très rafraîchissante, spéciale tropique) ?

- Ecoute gars, je suis ici pour kiffer le son, ok ? J’suis pas là pour babiller. Maintenant, si t’es cool on peut parler, mais avant juste une question : tes dreadslocks là, c’est juste pour faire style ou t’es vraiment un rasta ? Un mec cool et respectueux ?

(Je vous avais prévenu, quand je suis en mode pittbull...)

Et là, le gars il désamorce toute mon agressivité dans une vague d’amour bien plus importante que tout le reste et me rétorque :

- Attends, écoute juste deux secondes avant qu’on continue notre conversation, je voudrais que tu saches que la seule chose qui compte vraiment pour moi, mon rayon de soleil, ma raison de vivre, c’est mon fils : Stanley.

Je suis restée sans voix, j’ai rechaussé mes tongues. Maintenant, on marche bien souvent sur la plage, le soir, des projets plein le tête, nos claquettes à la main, et un oeil sur Tatane, son fils.

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