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Makamoussou TRAORE

DJ Mak n’est pas un mec

samedi 25 février 2006, par Séverine Capeille

Elle fait partie des rares femmes DJ de Paris. Rencontre avec celle qui n’a pas fini de faire danser la old school...

1/ Bonjour DJ M.A.K Peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Maka, DJ M.A.K., j’ai 26 ans, et j’habite en région parisienne.

2/ Tu mixes du hip-hop et du Rn’b depuis combien de temps ?

Ca fait environ 4 ans que je mixe. J’ai découvert le hip hop par la danse. J’en ai fait pendant plusieurs années à Saint Denis avec Nabil, un très bon professeur qui nous a appris à danser mais aussi ce qu’était la culture hip hop. Avec la danse mais aussi à force d’aller en soirée et de prendre du plaisir à écouter les djs mixer, j’ai décidé de m’y mettre. Un ami, DJ MOSS, avait des platines, donc j’ai commencé avec lui puis je me suis acheté des platines et une table et j’ai commencé à acheter mes vinyles. Au début, c’était assez bizarre, dans les magasins de disques j’étais la seule Femme !

3/ Raconte nous ta première soirée…

Ma première soirée était une soirée étudiante sur Paris, j’étais en panique, mes mains tremblaient ! Ok je savais mixer mais la première soirée, c’était vraiment stressant au départ. Un mix, deux mix puis trois et ensuite c’était parti. On ne pense qu’à faire bouger les gens et à kiffer. Ensuite, Je fus appelée de plus en plus pour faire des warm up et maintenant on m’appelle régulièrement pour animer des soirées ou des shows.

4/ Depuis, tu as fais du chemin. Tu animes désormais une soirée mensuelle avec DJ Trem et DJ Loud, les Golden Years aux Coulisses, au pied du Sacré-Cœur. Raconte !

J’ai rencontré DJ Trem et DJ Loud, à une soirée durant laquelle on m’a proposé de venir faire un set. Cette soirée s’est très bien passée, on s’est donc associé pour continuer à faire perdurer dans le temps ces soirées nommées désormais : les Golden Years. Notre idée est de faire sortir les personnes qui ne veulent plus aller en soirée car ils ne se reconnaissent plus dans le hip hop actuel. On veut surtout créer une ambiance autour de ces années là. On passe du hip hop, du r’n’b et de la New Jack, des classiques, et des sons moins connus. Nous voulons satisfaire tous ces aficionados du hip hop old school.

5/ Tu as d’autres activités ?

Je travaille, je suis coordinatrice d’un service chez Pierre et Vacances. A coté, j’ai aussi une association « Talents d’artistes » que j’ai montée avec Rose, une amie. On s’occupe de différents artistes dont une chorale de gospel. On fait aussi de l’aide à la gestion de structure (d’un point de vue administratif). Aussi, je commence à me mettre à composer mes propres sons.

6/ Les DJ féminins en hip-hop se comptent à Paris sur les doigts d’une seule main. Quels conseils donnerais-tu aux filles qui voudraient se lancer ?

A mon échelle, je n’ai pas de conseils pertinents, juste je peux remarquer qu’il ne faut pas hésiter à s’y mettre. C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de femme mais à partir du moment ou une personne à la passion de ce qu’elle fait, elle peut y arriver, que ce soit une femme ou un homme, que ce soit dans la musique ou dans une autre discipline.

7/ Il t’arrive de mixer en jupe et talons. Une façon de dire qu’une fille peut être respectée dans le milieu hip-hop sans ressembler à un garçon ?

Pour moi ce n’est pas parce que je suis dans le milieu hip hop et que je mixe que je dois ressembler à un mec. Je reste moi-même, c’est-à-dire UNE FEMME. Je ne me vois pas du tout arriver en baggy pour faire mon show et pourtant on me respecte tout autant. Pour moi, c’est ce que je fais qui compte. Le 8 mars je vais participer à un festival pour la journée de la femme à Troye…

8/ Tu as une préférence pour le rap US. Certains groupes tiennent des propos particulièrement sexistes dans leurs chansons. Tu les joues ou tu les censures ?

Je t’avoue que je ne suis pas bilingue…..Mais même si certains artistes ont des propos sexistes je peux les jouer, pour moi ce qui compte c’est la musicalité du titre. Je ne censure aucun groupe, sauf si je ne les aime vraiment vraiment pas. Un dj qui mixe en soirée doit savoir mettre de l’ambiance, faire danser les gens avec des sons actuels, old school, des nouveautés comme des sons qui ne sont pas médiatisés. Un dj se doit d’éduquer son public, en commençant par passer des sons sans censure car les médias le font déjà très bien….. même si ces sons sont très « underground », glissés entre deux classiques, le son passe 

9/ Revenons en France : Que penses-tu du dernier album de Diam’s ?

Je n’ai écouté que quelques titres de son nouvel album. Je ne suis pas spécialement ce qu’elle fait mais il y a de très bons retours médiatiques sur son album.

10/ Pas mal d’artistes commencent à mettre des indications dans leurs albums pour encourager les jeunes à aller voter. Tu trouves que c’est une bonne idée ?

Je trouve que c’est un bon début. J’espère que ces rappeurs ont été entendus. Mais il ne suffit pas de parler du vote. Il y a beaucoup de choses à faire en France pour les jeunes. Ils ont besoin de leader, qu’ils soient rappeurs, politiciens ou dessinateurs, ils ont besoin de se faire entendre et de savoir que des personnes les écoutent.

9/ Quels sont tes projets ?

Dans un premier temps, mixer dans vers d’autres régions que paris ( le sud), d’autre pays (Europe : la suède, la suisse) voir vers d’autres continents ( les états unis, l’Afrique) qui sais….

Dans un second temps, la musique assistée par ordinateur est un univers qui m’attire, prochainement je compte évoluer davantage dans cet univers.

10/ Par quoi voudrais-tu terminer ?

La musique c’est ma passion et j’espère continuer longtemps et encore plus intensément ! Et rendez vous à la prochaine soirée Golden Years le samedi 4 Mars aux Coulisses, 5 rue du mont cénis 75018 Paris.

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