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Nathalie Ménigon : le cercueil capitonné

mercredi 6 juillet 2005, par Franca Maï

Aujourd’hui, est une sale journée comme le ciel plombé qui rejoint la ligne d’horizon en strangulant l’espoir.

Le verdict est tombé. L’oisillon décharné ne sortira pas de sa cage cadenassée. La justice en a décidé ainsi.

Nathalie Ménigon, ancien membre d’AD, ayant passé un tiers de sa vie en prison dans des conditions flirtant avec la torture mentale et le sadisme démagogique est vouée à s’éteindre derrière des murs de ciment, sans respirer ne serait-ce qu’une dernière fois, à l’air libre.

La France se targue d’avoir aboli la peine de mort. Elle l’a remplacée par l’agonie lente. Et nous assistons, complices, à ce rituel barbare, les pieds bien ancrés dans nos chaussures fabriquées par le tiers Monde, en feignant d’être surpris lorsque la violence nous éclate à la figure. Pour nous remettre les pendules à l’heure.

Nathalie Ménigon est gravement malade et aurait du bénéficier de la Loi Kouchner. Les juges ont décidé de l’emmurer vivante.

Cette femme n’aura donc connu que la haine.

Elle n’aura pas goûté à la joie d’être mère, la volupté d’aimer, le plaisir de flâner, les yeux rivés au sable.

En prison, on lui a ôté jusqu’à l’herbe folle qui pousse et le chat qui flâne afin de lui interdire l’accès à l’oxygène.

Sa vie n’aura été qu’un long tunnel noir.

La société et l’état pourvoyeurs de vengeance sont juste capables de lui tendre un miroir de monstruosités. La justice se chargeant d’appliquer l’arbitraire.

Nous nous promenons dorénavant dans un vaste cimetière baptisé univers carcéral. Les tombes y sont de plus en plus nombreuses et mal entretenues. Un bruit lancinant répète sa litanie sans répit. Ce sont des doigts fragiles qui grattent la terre nous indiquant les signaux de détresse d’une présence vivante. Pour combien de temps encore ? ... Et nous préférons observer le croissant de lune en occultant le cercueil capitonné.

La tristesse envahit ma viande.

Une société qui s’enferme dans ses peurs alors qu’elle en est la mère-pondeuse et qui ne sait pas reconnaître ses propres responsabilités nage dans les eaux boueuses du mensonge programmé.

Car on ne naît pas terroriste, on le devient.

Au berceau, il y a d’abord les rêves...

Quelle somme d’humiliations, d’injustices, d’inégalités fait traverser la rive pour rejoindre la lutte armée ?

Nathalie Ménigon a opté un jour, pour un chemin de traverse, elle a payé pendant dix-huit longues années sa dette à la société, sans faillir et sans se renier.

La Justice vient de lui passer la corde au cou.

Sans états d’âme.

De grâce, tournez-lui la face vers le soleil. Libérez-là.

Laissez Nathalie Ménigon se soigner hors des barreaux.

copyleft : e-torpedo.net

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2 Messages de forum

  • on voit que ses accolytes sont en liberté, hélas, car leur propos, loin de du remord, loin du regret, ne parlent que de lutte armée.....

    Menigon au trou et merci pour ses victimes

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    • Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon plus dangereuses que Papon ?

      En quels temps vivons-nous ? La justice a cédé le pas à la vengeance.

      Qu’en est-il du respect des lois de la République ? Il paraît qu’il y a une loi Kouchner pour libérer les prisonniers gravement malades. Qui pourrait affirmer cela ? Seul Maurice Papon, peut-être, qui a pu quitter la prison de la Santé, après trois ans d’emprisonnement, en faisant un bras d’honneur aux 1 680 Juifs de Bordeaux qu’il a contribué à expédier dans les camps d’extermination. Maurice Papon, malgré ses 93 ans, n’est pas vraiment malade et jouit d’une liberté pleine et entière.

      Joëlle Aubron n’a qu’un cancer au cerveau. Peu de choses, en somme. Nathalie Ménigon est également en grave danger mais les verrous de leurs prisons ne semblent pas près de s’ouvrir. Peut-être a-t-on perdu les clés...

      En quels temps vivons-nous ? On a libéré Maurice Papon, au nom d’un humanisme charitable, mais Joëlle Aubron est parfois menottée sur son lit, dans un hôpital sous haute surveillance. Des policiers rôdent dans les rues, autour de la douillette résidence de Maurice Papon, mais c’est pour le protéger de possibles intrus qui viendraient lui rappeler les morts de Bordeaux, mais aussi ceux du Pont Saint-Michel et de Charonne. D’autres policiers montent la garde devant la chambre de Joëlle Aubron mais leur mission est nettement moins conviviale.

      On a récemment libéré Loïc Le Floch Prigent. Celui-là s’est largement goinfré sur les deniers de l’Etat et donc des contribuables. Le Floch est malade, mais sa vie n’est pas en danger. Il se trouve seulement que cet escroc était un grand commis de l’Etat. Tout comme l’avait été Maurice Papon.

      En quels temps vivons-nous ? On nous explique que libérer Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon - après dix-sept ans de prison - pourrait provoquer un trouble à l’ordre public. Billevesées : toutes deux ne quitteraient la prison que pour un lit d’hôpital. Le véritable trouble à l’ordre public a été créé par la libération de Maurice Papon à qui, semble-t-il, l’Etat chiraquien a finalement pardonné. En fait, le trouble à l’ordre public est provoqué par cet Etat, de plus en plus policier, qui espère régler ses difficultés en maintenant en prison les grands malades qu’il ne faut libérer sous aucun prétexte.

      En quels temps vivons-nous ? Quelle est la logique de cet acharnement judiciaire et policier ? Il est clair que, pour ce pouvoir, il ne faut pas que les quatre d’Action Directe puissent un jour retrouver la liberté. Quel que soit leur état de santé ! La sollicitude ne profite qu’aux assassins d’Etat et aux escrocs en col blanc qui ne représentent aucun danger pour les institutions, dont ils sont l’émanation.

      Dans notre démarche, il n’est pas question d’idéologie mais de simple solidarité. En revanche, pour ceux qui détiennent les clés des prisons, leur survie morale est peut-être au prix de l’enfermement de quatre militants perdus, rendus malades par le système carcéral. Qui pourrait hésiter à exiger une remise en liberté qui ne serait qu’une simple mesure humanitaire ? Encore une fois, il ne s’agit pas de charité. Les deux prisonnières de Bapaume ne demandent pas l’aumône mais la solidarité. Nous la leur devons !

      Nous sommes là pour dénoncer une attitude de vengeance à perpétuité. Nous sommes là pour exiger la libération de tous les prisonniers malades, y compris ceux d’Action Directe. Nous sommes réunis pour rejeter cette justice haineuse qui sélectionne ses bons et mauvais sujets. Il faut bien constater que ces choix ne sont jamais innocents.

      Dénoncer cette situation doit faire de nous des coupables potentiels...

      Maurice RAJFUS Observatoire des Libertés Publiques

      Vendredi 23 avril 2004

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