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A l’ouest d’Eden

un texte écrit par Philippe Azar

vendredi 17 mars 2017, par Le Collectif Sistoeurs

Je n’avais rien écrit depuis des semaines, rien crée, pas même rêvé de la moindre phrase déchirant ma peau et la moitié de ma tête, pas la moindre petite histoire de monstres qui se battraient dans cet enfer qui nous réveille chaque jour en sursaut et qui nous borde impitoyablement quand la machine que nous habitons ne nous suit plus.

A dire vrai, je n’avais plus envie. Au diable l’art et la littérature. L’art n’en n’avait rien à foutre de moi et je n’étais qu’un valet, un bouffon pour la littérature et les deux lecteurs qui me suivaient. Je regardais de loin le cirque des grands écrivains qui se payaient le luxe de critiquer les grands-maîtres en se léchant mutuellement la pomme et ça me rappelait les grandes réunions du commerce où les lecteurs et les clients se confondaient avec le porte-monnaie toujours trop vide de ceux qui se prenaient pour les nouveaux génies de notre temps. Le grand problème avec la littérature à notre époque, c’est que seul le poète vit sa journée, tous les autres se complaisent. Je me situais un peu près là.
Je regardais notre monde comme une chose malade de haine et d’arrogance et ça me déprimait. J’avais du mal à trouver un sens aux choses dans toute cette mélasse organisée qui ne proposait qu’une issue aux puissants et de fausses solutions à tous les autres qui devaient faire semblant d’y croire. J’en voyais qui trouvaient ça normal et rentraient volontairement dans la tombe ou dans la cage et ça me déprimait encore plus. Les gens étaient cons ou sans couilles, ou les deux, voilà tout.
Je ne rêvais que d’être seul et j’attendais que les mots reviennent. Je n’ai jamais su d’où ils venaient. Quelques fois, j’essayais de forcer les choses, mais ça marchait rarement et je le vivais mal, comme le loup dévoré par la faim et les tripes en feu.
Le plus souvent, je restais là étendu comme une vieille souche, assommé par les défaites de ma journée. Rien de vraiment exceptionnel, des défaites de pauvre tout ce qu’il y a de plus banal et qui pesaient un peu plus chaque jour. La seule victoire valable, dans ce bas monde était de réussir à trouver pourquoi il fallait rester vivant jusqu’à la tombée de la nuit et vouloir remettre ça le lendemain. Je me protégeais derrières des remparts aussi épais que des draps moites, prison de verre aux portes toujours ouvertes vers les flammes et la rancœur de ce monde qui n’a toujours été fait que pour très peu de monde.
Le style me direz- vous. On peut avoir du style en ouvrant une boite de sardines, en taillant un rosier, en creusant un trou avec une pelle, en faisant une vinaigrette, en inclinant sa tête d’une certaine façon alors qu’on vous annonce que vous êtes viré, et vous ne verrez ça nulle part ailleurs. Il faut du style dans la vie pour ne pas se faire avaler par la plaie béante qui recrache les corps en souvenirs. Imaginez un monde de fantômes avec des gardiens aux coins des rues qui seraient les garants, les grands organisateurs de tous ces jeux qu’on appelle : démocraties, dictatures. Très peu d’hommes, beaucoup de fantômes. Sommes- nous dans un rêve où suis-je en train de délirer ? Les vrais hommes sont-ils vraiment à la bonne place ?
La politique, le sport, le jardinage et tout ce que nous pouvons bien nous permettre pour nous remettre de notre passage dans les limbes, avant que ne viennent les grandes questions qui remettent en cause tous les fondements de notre vie. Certains se perdent en compromis, se résonnent. On se trouve toutes les excuses du monde pour justifier ce marasme qui ne vient que de nous, faut bien se le rappeler quand même nom de Dieu ! Et on sombre dans la religion. PLAF ! A corps perdu, on verra bien après. Il faut bien trouver des réponses quelque part. L’esprit ne peut pas se contenter de l’inconnu, sans quoi il tournicote sur lui-même, se cogne aux parois de nos crânes trop petits, s’interroge et ça fini par des ulcères et des bleus à l’âme.
Dieu.
Il faut comprendre ses messages cachés, à moins que ce ne soit de sa faute, à moins qu’il n’y ait rien, à moins que…
BALZAC avait peut-être raison. Toutes les grenouilles de bénitier et toutes les sommités de toutes les religions connues auraient l’air bien connes une fois de l’autre côté, si elles découvraient qu’il n’avait rien, quedal, le néant, l’immensité d’un vide sans flammes, sans nuages et sans portes, juste nous dans le grand rien : la grande éprouvette de l’histoire. Imaginez la gueule d’un pape, d’un imam, d’un rabbin. La grande révélation n’en n’ait peut être pas une depuis le début. Putain !
L’homme se condamne lui-même dans sa quête de contrôle des sociétés. On produit des copies de bons électeurs, de bons contribuables, de bons travailleurs dociles. On éduque les masses à viser le minimum vital comme l’objectif ultime d’une vie : « Ouf ! J’ai un smic, j’ai gagné ». Le puissant veut maintenir le système qui lui assure ses victoires selon ses propres règles. Pour le pauvre, les règles ont changé. L‘espoir, le rêve ne lui coûte pas que des nuits de sommeil, il faut maintenant avoir les moyens pour réaliser de grandes ambitions. Elle est là la grande défaite de nos petites démocraties en toques. Essayez donc de revendiquer une différence, interrogez-vous, je vous le dis, et les ennuis commencent. On vous traitera d’original, de marginal, de clown, bref de roi des cons. Vous ne serez jamais pris au sérieux et si vous vous acharnez, on vous pointera d’un doigt accusateur l’entrée des prisons et des asiles, comme on indique l’entrée de la niche au chien qui n’arrête pas d’aboyer. Prenez n’importe quel enfant qui posera les bonnes questions sur la marche de ce monde, qui grandira et évoluera à contre-courant du futur électeur, contribuable et travailleur docile que notre système veut qu’il devienne et l’on vous expliquera qu’il a un problème, qu’il n’a aucune éducation, que vous êtes un parent pitoyable, qu’il y a des psychologues et des médicaments aussi destructeurs que l’héroïne pour l’aider. L’homme d’aujourd’hui n’a pas réellement envie que les choses changent. Les électeurs sont devenus des croyants. Le messie braquerait une banque et viendrait ensuite leur mordre les fesses qu’ils ne verraient rien d’anormal. Seul, la foi compte, une foi aveugle dans une vision d’avenir qui ne demande aucun effort.
Revendiquer son pouvoir d’électeur pour avoir le droit de donner son avis, c’est prendre la place du veau qui fait la queue chez son boucher préféré. Les puissants veulent convaincre avec pour seule garantie, leurs paroles, et ça ne choque personne. L’avenir de notre monde se décide comme un pari aux courses, gagnant ou placé. Essayez donc de dire à votre patron que les résultats seront meilleurs la prochaine fois, parce que vous le dites. Le système a déjà tout prévu pour les gens comme vous et moi avec la bénédiction de votre patron. L’homme est devenu feignant, passif. Au bout du compte, on n’est pas si loin du mode de pensée de tous les terroristes du monde, tous ces monstres qui ne le sont pas pour eux même, au bout du compte, on en a pour son argent.
Il y a cependant des fleurs qui réussissent à pousser, malgré la fiente et l’obscurité. Tous ces êtres vraiment libres qui traversent le temps et l’espace et qui nous gardent, malgré eux. Vous les reconnaîtrez facilement. On se sent toujours bien avec eux.
Une fois à Pigalle, dans un bar et une conversation. J’essayais de boire une bière sereinement alors qu’un homme hurlait en costume devant beaucoup d’autres avec autant de costumes et de verres qu’un homme peut en porter. J’ai laissé traîner l’oreille et chouchou a fait irruption dans ma vie.

-  Savez-vous quelle est la différence entre un homme qui a une cravate et un autre qui n’en n’a pas ? A dit l’homme en costume.
Chouchou qui buvait son PERRIER, en lisant son journal à l’autre bout du comptoir, et qui ne connaissait absolument personne, a levé la tête en disant :

-  C’est le nœud.
Les gars se sont regardés sans savoir s’il fallait démolir la gueule de Chouchou ou assumer leur propre connerie.
Chouchou était un homme honnête à tout point de vue et ça vous réconciliait avec la vie. Il ne cachait rien et se foutait bien de ce qu’on pouvait penser de lui. Ca le dérangeait pas qu’on l’appelle aussi : la folle. C’est lui qui l’avait demandé. Il aimait les choses claires et ne supportait pas les gens qui se faisaient passer pour ce qu’ils n’étaient pas. Je crois que ça l’aidait aussi à se sentir bien dans sa peau et à attirer les regards sur lui pour s’assurer les meilleurs coups au lit. Chacun son jeu, chacun son style. On ne pouvait pas le juger. Tout le monde l’aimait, il ne dérangeait personne, pas même les plus fermés d’entre nous, et puis faut dire que personne ne l’enviait rapport à son attirance pour les hommes et à tout l’amour qu’il avait pour sa femme et ses deux enfants. Fallait être sacrément costaud pour gérer le bordel de sa vie.
Quand je l’ai connu, après ce bar dans PIGALLE, le hasard a voulu qu’on porte les mêmes assiettes dans le même restaurant. Ca a vite collé entre nous, enfin surtout pour lui. J’étais son genre, vous comprenez, et puis il mettait un point d’honneur et essayer de convertir un hétéro comme moi. A la longue, il a compris que je ne tenterai pas l’expérience, mais il ne m’en a pas voulu. Au contraire, il est devenu comme ma mère. Il prenait soin de moi, me surveillait quand j’étais sur le point de déconner.
Certains soirs, quand la chaleur de Pigalle devenait aussi pesante que les 15 heures qu’on avait tous dans les jambes, on sortait tous sur le trottoir et on filait dans les sex shops du coin pour faire de la monnaie. Tous les clients du restaurant nous observaient en train de faire des allers retours entre la salle et les bordels du coin de la rue. On passait pour des fous et des saligauds, mais on s’en foutait bien. Nous, ce qui nous intéressait, c’était de prendre l’air et d’en fumer une tout en se rinçant l’œil. Les putes étaient toujours très sympas, on était un peu leur récréation, comme elle la nôtre. Le plus marrant, c’était les clients qu’on recroisait, quand on faisait notre monnaie. On les trouvait bizarrement plus conciliants, quand ils se faisaient entraîner dans les cabines par les filles en sachant qu’ils allaient se faire masturber. Notre tablier, c’est sûr, ça les faisait moins bander. En tout cas, dès que je restais 5 minutes de trop à discuter avec mes copines d’à côté, Chouchou qui était aussi mon chef, m’attendait en tapant du pied sur le trottoir :

-  C’est le bordel sur toutes tes tables, grouille toi d’y retourner avant que je botte ton petit cul.
Un soir d’été, alors qu’on avait trimé comme des turcs à servir la moitié des touristes de ce monde, Chouchou me ramenait dans son ALPHA ROMEO. On habitait à quelques rues l’un de l’autre sur le secteur de la GOUTTE D’OR. Le quartier était ravagé depuis des décennies par la drogue et la pauvreté et puis dans les années quatre-vingt-dix, le crack a rajouté un nouveau cancer à un corps qui en était déjà atteint par beaucoup d’autres. Je me souviens encore des premiers fumeurs de crack à Paris, à quatre pattes sur le trottoir en train de chercher leur dope dans les débris d’une pipe en verre gisant dans la pisse devant le pas indifférent des passants.
Bon, Chouchou devait faire pisser son bichon en me raccompagnant jusqu’à chez moi. La nuit était aussi belle qu’elle pouvait l’être à LA GOUTTE D’OR. Le jour commençait à s’installer à l’improviste comme un envahisseur, un dictateur imbattable laissant fuir la lune aussi loin qu’elle le voulait. Tout le monde se foutait de la lune à LA GOUTTE D’OR. Cinq heures du matin et tous ces phares de voitures sur le boulevard. La porte de la chapelle et les métros au loin qui fracassaient mon paysage. On marchait paisiblement avec Chouchou et son bichon. Le chien s’arrêtait devant tout ce qui ressemblait à un étron. Le jour avait définitivement pris le dessus, alors que le boulevard Max DORMOY comptait plus de voiture que la rue ne pouvait en supporter. Que pouvait bien foutre tous ces gens à 5 heures du matin à rouler, alors que 2 serveurs et un bichon essayaient un temps soit peu de trouver une certaine quiétude. On a envoyé tous ces gens au diable et on a continué Chouchou, le bichon et moi à se laisser aller.

-  Je ne veux pas que tu fricotes avec Gérald, me dit Chouchou.

-  Je t’emmerde Chouchou, t’es pas ma mère.

-  Tu t’emmerderas encore plus, quand je t’aurai viré.
Chouchou avait raison. Il avait vraiment ce pouvoir.

-  Excuse- moi. C’est la fatigue. Gérald me permet d’avancer dans mes recherches.

-  Quelles recherches ?

-  Il faut que je fréquente des voyous, des vrais, pour savoir les jouer.

-  Les jouer ?

-  Oui, on m’a engagé pour cette pièce. Le personnage principal est un voyou, une petite frappe, le genre de frimeur qui pète la gueule à tout le monde et qui emballe toutes les filles.

-  Oh mon dieu ! Arrête, tu vas me faire fantasmer.

-  C’est pas mon genre tout ça, Tu comprends ? Faut que je travaille en profondeur pour ne pas arriver comme le roi des cons aux répétitions.

-  Si tu continues de fréquenter Gérald, la seule chose que tu vas réussir à décrocher, c’est une place en prison.

-  Non, non, c’est fini tout ça. J’ai vu ce que je voulais voir. J’ai compris, j’ai ma matière.

-  Qu’est-ce que tu as vu ?
Je me suis mis à expliquer. J’ai décrit ce bar : LE CHAT NOIR, dans lequel Gérald m’avait montré de quel bois, il était vraiment fait. Ce bar d’après lui, comptait tout ce qu’il y avait de truands à PIGALLE. Des contrats sur certaines têtes, se jouaient, paraît-il, durant les parties de cartes. Et puis un soir, Gérald s’est laissé aller à la petite confidence. Il avait une poire pour la soif, une sorte de deuxième job pas trop fatiguant et qui payait bien et très vite. Je m’attendais à ce qu’il me parle de drogue ou de racket, mais j’étais loin du compte.

-  Aller va y accouche, que je lui dis, un soir que nous étions au comptoir de ce fameux bar qui ne fermait jamais. Un luxe pour nous qui finissions notre service à 4 heures du matin.

-  Tu vas voir, qu’il me répondit avec son air vicieux et le sourire en coin. V’là mon client.
J’ai vu un homme rentrer dans le bar et se diriger directement vers les toilettes d’un pas assuré comme s’il rentrait dans l’allée de son immeuble.
L’homme ne cadrait pas avec la clientèle locale, rapport à son pardessus en cachemire, son costume sur mesure et son brushing impeccable. Gérald à éclusé son verre et s’est dirigé à son tour vers les toilettes des hommes. Personne ne semblait trouver ça bizarre.
J’ai attendu seul pendant quelques minutes au comptoir. J’ai commandé une autre bière, tout en observant les hommes au comptoir et assis dans la salle. Aucune femme, bizarre. Chacun regardait son verre ou ses cartes. Tout ça ressemblait à un décor d’un film de MELVILLE avec DELON qui débarquerait d’un moment à l’autre par une porte cachée dans le fond. De temps à autre, j’entendais des bruits suspects, pas très loin. Une réserve ? Une petite bagarre discrète ? Et puis, Gérald est ressorti des toilettes, le sourire large et les yeux pleins de folie en me montrant son pouce :

- On va pouvoir faire la fête, qu’il me dit en me tapant sur l’épaule.

- C’est-à-dire ?

- Je lui en ai mis plein la gueule à ce vieux vicieux.

- Quoi ?

- Le vieux bourgeois que j’ai suivi dans les gogues, tu croyais quand même pas que je lui faisais des turluttes. Je lui défonce la gueule, tu comprends ? Son tripe, c’est de se faire avoiner une fois par semaine. J’essaye de ne pas trop le marquer, sans quoi ce petit vicieux pourrait porter plainte contre moi pour coups et blessures.

- Putain Gérald, t’es vraiment un mec tordu.

- Un mec tordu qui prend 400 balles par semaine pour dégommer la gueule d’un vieux bourgeois. Y a plus tordu comme job, comme celui de porter des assiettes.
A ce moment, j’ai vu le vieux bourgeois ressortir des toilettes. Il avait mis le temps. Sans doute pour s’arranger un peu et ne pas attirer l’attention. Sa tête était rouge de partout, mais il n’avait aucun hématome, aucun bleu, Gérald était doué. Je l’ai regardé sortir du bar d’un pas plus lent, presque apaisé, personne autour de nous n’a levé la tête.

-  Ouais, ton Gérald, c’est juste un petit micheton, me dit Chouchou.

-  C’est un peu ça.

-  Je ne veux plus que tu fricotes avec lui. C’est malsain pour toi.

-  Promis, Chouchou. Fallait juste que je vois les choses au moins une fois, que je mette les deux pieds dans son monde pour comprendre.
Le bichon continuait de s’arrêter devant tous les étrons de la ville et puis on a entendu hurler derrière nous. Le chien a commencé à aboyer tout ce qu’il pouvait, pendant qu’on découvrait l’horreur.
Sur le boulevard, alors que toutes les voitures, phares allumés, ralentissaient pour éviter la scène, un homme noir allongé par terre se faisait poignarder par trois autres hommes. L’homme au sol hurlait pendant que les trois autres le genou sur la poitrine lui plantaient la mort dans les tripes. On voyait la lame des poignards qui luisait dans le jour naissant, dès qu’elle ressortait du corps de l’homme noir au sol.
Chouchou a voulu rebrousser chemin pour lui porter secours.

-  On peut pas rester comme ça.

-  Ferme ta gueule Chouchou et fait comme si tu n’avais rien vu. C’est une bagarre de dealers.
J’ai montré d’un mouvement de tête un quatrième homme sur le trottoir d’en face qui guettait la moindre réaction pour tuer à son tour celui ou celle qui oserait parler.

-  Mais …Répondit Chouchou, le désespoir dans les yeux.

-  Mais ta femme et tes gosses, Chouchou.
On a continué notre chemin avec le bichon qui ne reniflait plus et qui regardait de temps en temps en arrière. On en a parlé un moment de cette fameuse scène, au début, juste au début et puis plus rien. Fallait laisser l’horreur où elle était, avec le temps qui s’est chargé de nous sans nous demander notre avis, à l’improviste, en traître. Je ne sais pas ce qu’il est devenu Chouchou. Nos vies étaient comme des rivières folles qui ne couraient pas dans la même direction. Le sida ? Je suis sûr que non, il aimait trop sa femme et ses enfants. Il m’arrive de temps en temps de penser à ce dealer en train de crever sur ce boulevard en plein PARIS. Cinq heures du matin et toutes les voitures qui le contournent soigneusement, alors qu’un million de moteurs en marche ne réussissent pas à couvrir ses cris. Je suis sûr qu’il est mort, ce jour-là. Je suis sûr que ce monde mérite ce qu’il a toujours été.

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